Pôle des Arts du récit et du chant
Au tout début des temps, Nicolette a créé, avec d'autres, deux centres d'oralité...
Après avoir rencontré Bruno de La Salle, avec son aide soutenue et avec l'aide non moins soutenue de Cécil Guitart et de bibliothécaires de Grenoble, Nicolette développe à partir de 1977 un des premiers centres et festivals de contes. (1) Pendant 5 ans, un travail de fond, au long cour, se menait dans les bibliothèques et les écoles, collèges, lycées, autour du conte oral. On prenait appui sur un temps fort où venaient se forger des conteurs amateurs et des conteurs qui allaient devenir professionnels, à côté de quelques conteurs de tradition orale. Le tout autour de Bruno de La Salle, sans doute le premier conteur non issu de la tradition orale. Ceux qui venaient de la tradition orale, mais sans encore être conteurs professionnels : Mohamed Belhalfaoui, Amar Amara Madi, Edouard Prigent, Manféi Obin, Nacer Khémir, et les nouveaux : Evelyne Cévin, Marcos Velasquez, Jean-Maire Lamblard, Annie Kiss, Henri Gougaud, Catherine Zarcate, et d'autres... Bruno de La Salle tenait des stages. On montait pendant plusieurs jours un chapiteau en plein hiver sur la place centrale de Grenoble, ou on tenait "festival" - avant la lettre - dans d'autres lieux, comme au Musée Dauphinois... Il y a même eu un cabaret de contes...
On cherchait les fondements d'une re-lecture et d'un renouveau du conte et de la littérature orale. On discutait, on expérimentait, on écrivait. La revue "Ouïrdire", annuelle et substantielle, aura eu 5 numéros, réalisés sous la responsabilité de Nicolette, puis de Joëlle Xouillot-Pinard (Bibliothèques de Grenoble).
Tout ce travail renaîtra autour d'Henri Touati en 1987 et deviendra "les Arts du Récit en Isère", structure très importante.
En 1982 Nicolette est partie vivre à Brest. Elle crée avec JP Le Dantec l'Office pour la littérature orale "Ouïrdire-Bretagne"
(qui deviendra Ouïrdire -aujourd'hui).
Petite structure de 3 permanents (1 conteuse, 1 conteur, 1 documentaliste) et 1 bénévole (gestion), presqu'entièrement financée
par la DRAC de Bretagne. Le président, Edouard Prigent, conteur traditionnel agrégé de lettres classiques, donnait sa force au projet.
Ouïdire a essaimé dans le Finistère et les Côtes d'Armor, de Brest à St Brieuc, en passant par Rennes et Ouessant ;
puis, autour du vieux Jude Le Paboul, dans le Morbihan. Une politique de travail de fond, avec spectacles, ateliers, stages.
Une politique à laquelle se sont d'emblée opposés les régionalistes, et qui a néanmoins semé.
(1) Le travail autour du conte oral, à l'Heure joyeuse, et à Clamart avec la Joie par les Livres, faisait peau neuve, autour d'Evelyne Cévin, de Geneviève Patte et d'autres bibliothécaires. Puis Bruno de La Salle s'y est associé vers 1975, et a apporté une dimension professionnelle et artistique.